À l’approche du solstice d’hiver 2025, de plus en plus de familles s’interrogent sur leurs traditions et redéfinissent leurs rituels à la lumière de l’écologie, du bien-être et du désir de transmission. À travers toute la France, ce moment le plus court de l’année invite au ralentissement et à l’introspection. Face à l’évolution du désir d’enfant – aujourd’hui, plus de 12 % des Français·es déclarent ne pas vouloir d’enfant selon l’INED – et alors que le modèle de la famille nombreuse s’efface peu à peu, un nouveau besoin de sens, de lien et de conscience écologique émerge.
Dans ce contexte, le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, du 26 novembre au 1er décembre, place “l’art de l’autre” et l’empathie au centre de sa 41e édition. Avec 2 000 auteurs et 400 maisons d’édition réunis, ce rendez-vous familial est un laboratoire vivant où s’inventent de nouveaux récits et de nouveaux liens. Les rituels du solstice dans les familles – feu de bois, méditations, recettes végétales, bricolages et lanternes recyclées – deviennent des moments de ressourcement collectif, renouant avec la nature et la gratitude envers le vivant.
Témoignages, ateliers DIY, sélections de lectures jeunesse éthiques et idées de voyages écoresponsables dédiés aux plus petits font de cet hiver 2025-2026 une saison-clé pour grandir autrement, ensemble. Au-delà des présents matériels et de la surconsommation, c’est la création de souvenirs, la transmission de gestes simples et l’attention sincère à l’autre qui tissent la richesse de cette période. Quelle que soit la forme de la tribu – nombreuse, monoparentale, recomposée ou simplement élargie à la “tata cool” sans enfants –, célébrer le solstice est devenu une invitation à forger des rituels intimes et vivants, ouverts, écologiques, et inclusifs.
Une parentalité en mutation profonde
La parentalité connaîtra en France, dès cet hiver 2025, une véritable transformation. Dernière étude de l’INED à l’appui : 12,2% des Français ne souhaitent pas avoir d’enfants – deux fois plus qu’en 2005 (6%), un chiffre encore plus marqué chez les 18-29 ans (15% des hommes, 13,3% des femmes). Ce choix souvent assumé s’accompagne d’une réflexion sur le sens, le bien-être, la liberté et l’équilibre à long terme.
Parallèlement, le nombre d’enfants désirés chute : chez les femmes de moins de 30 ans, il passe de 2,5 en 2005 à 1,9 en 2024, remettant en question l’idéal de la triple fratrie longtemps chéri en France. À ce phénomène s’ajoutent des réalités concrètes : l’inégale répartition des charges domestiques, l’incertitude économique et un modèle social moins prescriptif.
« L’inégale répartition du travail domestique et parental rend aujourd’hui plus difficile à de jeunes femmes de se projeter dans le rôle de mère. Les modèles traditionnels restent pesants, mais la parole se libère autour d’un autre rapport au désir d’enfant. » — Charlotte Debest, sociologue
Sur fond d’urgence écologique et de défis sociaux
L’environnement et l’urgence climatique s’invitent dans les choix parentaux. Déjà en 2021, 63% des personnes sans enfant disaient placer la protection de la planète parmi leurs principales motivations. Difficultés de logement, coût de la vie, accès aux services publics en berne : nombreux sont ceux qui préfèrent investir dans la qualité du lien familial et le bien-être global, plutôt que dans l’agrandissement du foyer.
Cette reconfiguration se heurte aussi à une crise des moyens dédiés à la famille et à l’éducation. Le Planning Familial doit faire face à de sévères coupes budgétaires, alors que l’éducation à la vie affective et sexuelle devrait être généralisée à tous les niveaux scolaires. Conséquence directe : des milliers d’élèves exclus des ateliers, des licenciements associatifs et une prévention des violences ou du consentement en recul, au moment où les situations de détresse explosent chez les jeunes.
« Réduire nos dépenses, nous le devons à nos enfants », défend la présidente de Région.
« Lutter contre les violences conjugales, nous le devons à nos enfants », répond Martine Gassiot, présidente Solidarité Femmes.
Une littérature jeunesse pour transmettre autrement
L’édition jeunesse, qui représente aujourd’hui 13,4% du marché du livre en France, prend à bras le corps ces enjeux : ouverture à l’autre, diversité familiale, empathie, droit à la rêverie proactive. Le Salon du Livre de Montreuil multiplie l’accessibilité (stands adaptés, livres DYS, lectures en langue des signes, audiodescriptions), affirmant que chaque enfant, quel que soit son contexte, doit pouvoir s’approprier les récits du monde.
« La littérature jeunesse n’est pas un monde à part : c’est une manière de parler avec les enfants du monde dans lequel ils vivent et de créer des imaginaires pour le comprendre. » — Sylvie Vassallo, directrice du Salon de Montreuil
Célébrer l’hiver en conscience et en solidarité
Entre perte de repères, restrictions budgétaires et quête de transmission, le solstice 2025 se fait occasion d’inventer des rituels plus conscients : ateliers zéro-déchet, lectures partagées, rituels de gratitude, ouverture à la différence. Ces expériences, modestes ou ambitieuses, cultivent l’empathie, la résilience et la solidarité au creux de la saison froide, essaimant pour l’année et les générations à venir.
Hiver, parentalité et transmission : entre héritage et mutation
Le solstice d’hiver, repère ancestral, s’est toujours inscrit comme un temps de passage : introspectif et collectif, propice à la transmission des histoires, des savoirs et des valeurs. En France, la famille nombreuse a longtemps dominé, portée par l’économie rurale puis par des politiques de soutien ciblé. Les grandes veillées d’hiver, la cuisine en commun, la lecture au coin du feu, structuraient une transmission essentiellement orale, marquée par la reproduction des modèles.
Le XXIe siècle accélère la mutation : la parentalité se diversifie, les familles recomposées, solo, adoptives, LGBTQ+ s’affirment ; le désir d’enfant recule, les priorités changent. La pluralité prévaut, tout comme la recherche de bien-être global, la prise en compte de l’environnement, la volonté de faire de chaque membre de la famille un sujet à part entière.
L’hiver, saison de ralentissement, devient temps-ressource propice à :
- la sobriété énergétique et alimentaire,
- la lecture partagée qui nourrit l’imaginaire,
- les ateliers DIY ou le jardinage d’hiver,
- l’expression des émotions lors de cercles en famille.
La transmission prend alors une forme plus horizontale et collaborative : parents et enfants explorent ensemble les questions de différence, d’écologie, d’émotions. Cette évolution se vérifie dans la programmation du Salon de Montreuil, dans l’essor des podcasts jeunesse et dans tous les efforts pour rendre la culture accessible à toutes les familles.
Inventer l’hiver familial de demain
Partout, des initiatives voient le jour pour traverser l’hiver autrement : communautés solidaires, écologie de la fête, rituels adaptés à la pluralité des familles et des parentalités. Face aux défis sociaux et environnementaux, le solstice d’hiver 2025 invite à réenchanter la vie de famille, à transmettre l’amour du vivant et à bâtir, dès l’enfance, de nouvelles formes de communauté et de solidarité.
Quelques repères et initiatives pour cet hiver 2025
- Selon l’INED, seuls 15,5 % des Français·es souhaitent réellement trois enfants ou plus, contre 26 % en 2005.
- Lors des ateliers Repair Café d’Annecy, la moitié des objets réparés avant les fêtes sont des guirlandes ou des jouets. L’hiver devient le terrain de la seconde vie et du zéro déchet.
- Au Salon du Livre de Montreuil, la fréquentation a bondi de 20 % depuis la gratuité en 2024, avec des adaptations pour tous les profils (guide simplifié, kits sensoriels, braille, LSF…).
- En Haute-Savoie, 85 % des familles adhérentes à une AMAP profitent de l’hiver pour tester la lacto-fermentation ou lancer des conserves en famille.
- Rituels collectifs : depuis le confinement de 2020, de nombreux foyers réintroduisent chants, méditations, ou créations de lanternes à partir de bocaux de récup’.
- En Allemagne, le “Winterwanderung” (randonnée hivernale) et dans les pays nordiques, la “Julebok”, se parent de pratiques écoresponsables et créatives.
- Le Défenseur des droits de l’enfant rappelle, en novembre 2025, l’importance d’écouter la voix de l’enfant dans les décisions familiales, en particulier pendant l’hiver, résonnant dans de nombreux albums jeunesse primés cette année.
- Le podcast “Salut l’info !” séduit plus de 500 000 enfants chaque mois, preuve qu’actualité, débat et éducation peuvent aussi être des rituels familiaux en hiver.
Pour prolonger la réflexion
Retrouvez sur notre site la bibliographie complète des lectures jeunesse, des playlists hivernales, ainsi que la liste des ateliers et associations engagées en faveur de l’écologie, de la transmission et de la parentalité consciente.
Des collectes de livres, des échanges de créations et de jeux solidaires fleurissent partout en France – renseignez-vous auprès des ressourceries locales.
Les ateliers et séjours slow consacrés aux rituels de solstice et aux voyages écoresponsables en famille sont accessibles sur inscription ; vos retours d’expérience et témoignages d’enfants sont attendus sur notre blog ou par courriel.
Nouvelle année, nouveaux horizons : rendez-vous début janvier pour un dossier autour de la renaissance saisonnière et des nouvelles formes de coéducation.
De la famille au quartier, de la littérature jeunesse à la parentalité en mutation, l’hiver 2025 ouvre la voie à d’autres histoires, d’autres liens, d’autres manières d’être ensemble. Puissent le solstice et ses lueurs guider des fêtes sereines et inventives, à l’écoute de chacun et du vivant.
