À l’occasion du solstice d’hiver 2025, familles, éducateurs et enfants imaginent de nouvelles façons de célébrer la nuit la plus longue de l’année de manière poétique, engagée et inclusive. De la science du solstice aux avancées citoyennes sur les temps de l’enfant, en passant par des rituels, des livres jeunesse ou des escapades douces, l’hiver devient le terrain d’expériences pour éveiller à la lumière et aux droits de chacun.
Le 21 décembre, jour du solstice, marque une invitation à ralentir, à écouter, à transmettre. Parents, enseignants, bibliothécaires et alliés du vivant s’attachent à offrir à l’enfance un hiver riche de sens. Cette année, un focus particulier est mis sur la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant et la vitalité du Salon du livre jeunesse de Montreuil. Le solstice s’organise à la maison, autour d’une table lumineuse, en forêt, au coin du feu, dans les marchés d’hiver ou parmi les stands du Salon à Montreuil―ou tout simplement, lors de stages nature ou dans les écolieux et bibliothèques municipales.
Les rituels prennent la forme de temps d’écoute, de lectures partagées, d’ateliers créatifs ou de petites escapades en famille. Les pratiques inclusives et la diversité culturelle inspirent de nouveaux gestes : du carnet de voyage à la « pepite box », des recettes traditionnelles aux explorations nocturnes, chacun invente son hiver. Le solstice, symbole de renouveau, offre une occasion précieuse de transmettre la joie de ralentir, de s’écouter et de découvrir la richesse et la variété de l’enfance, ainsi que la conscience de sa place unique à travers la chaleur du cercle familial.
Cette année, la lumière timide de l’aube hivernale résonne d’initiatives nouvelles : la construction, avec et pour les enfants, de rythmes de vie plus en accord avec leurs besoins. Depuis juin 2025, la France expérimente la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant : 130 citoyen·nes tiré·es au sort épaulés par un panel d’adolescents. Ils réfléchissent à la durée des vacances, aux rythmes scolaires, à l’articulation entre école et loisirs, et à la place des activités créatives, sportives et culturelles.
Selon la Cour des comptes, un élève français cumule 16 semaines de vacances pour 36 semaines de classe, le contraste le plus marqué d’Europe, avec des répercussions identifiées sur la vigilance et la santé, notamment en hiver, lorsque la lumière se fait rare. Au fil des ateliers d’automne, les adolescents du panel expriment leurs envies : commencer la journée à 9h, raccourcir les journées, allonger la pause de midi, consacrer plus de temps au sport, à l’art et à la créativité. Ils proposent aussi de faciliter les transports et de les rendre plus doux.
"On voudrait travailler du lundi au vendredi, de 9h à 15h, avec une grande pause de midi. Après, on aurait le temps pour le sport, l’art plastique, tout ce qu’on veut…", témoignent-ils lors des consultations.
Cette démarche inédite devrait ouvrir la voie à un emploi du temps plus respectueux de la chronobiologie enfantine, à l’extension des expériences créatives et sportives dès la rentrée 2026, et à une évolution du calendrier scolaire.
Le solstice est aussi l’occasion de relier ces réflexions locales à une histoire plus large : celle des cycles naturels, des fêtes de la lumière, des contes et légendes qui, depuis la nuit des temps, marquent le passage de l’ombre à la clarté. Qu’il s’agisse de Yule, Hanoukka, Dongzhi ou de la Sainte-Lucie, de multiples traditions invitent à vivre ensemble gratitude et partage. En France, l’histoire des droits et des rythmes de l’enfant s’est accélérée au fil du XXe siècle, notamment depuis la Convention internationale de 1989 qui sanctuarise le droit au repos, aux loisirs et à l’expression des opinions.
Comparée à d’autres pays, la France se distingue avec ses 16 semaines de vacances (contre 12 en Allemagne, 13 en Italie), alors que la Scandinavie met l’accent sur la nature et la créativité et que le Royaume-Uni débat de la semaine de 4,5 jours ou du développement des “bus-écoles”.
Le livre jeunesse reflète ces évolutions. Troisième secteur du marché en France, il accompagne le mouvement d’écoute et d’émancipation, comme en témoigne la 41e édition du Salon du livre jeunesse de Montreuil. Plus de 2000 auteurs, 400 éditeurs, 20 pays représentés : la littérature jeunesse célèbre la diversité, l’accessibilité et la co-création, jusque dans le choix des “Pépites” décliné par un jury d’enfants.
Célébrer le solstice, c’est inscrire sa famille dans cette grande histoire humaine : traverser ensemble la nuit, tisser du lien, cultiver solidarité et transmission autour de la lumière retrouvée.
Le 22 décembre 2025 à 4h03 du matin, le soleil brillera moins de 9 heures dans l’hémisphère nord. Le phénomène, qui inspire nombre de petits ateliers et rituels, devient prétexte à observer les cycles, fabriquer un mandala de bougies ou de végétaux, évoquer les saisons et le lien à la nature. L’Insee recense 14 millions de jeunes de moins de 18 ans en France (2024), dont 6,5 millions d’élèves du premier degré, et 85 millions de livres jeunesse vendus. La vitalité littéraire du pays s’affirme autour des albums d’hiver, des histoires de solidarité et d’altérité.
La fête du solstice peut être ponctuée de moments symboliques : partager l’histoire de son prénom, inventer collectivement un conte familial, ou encore s’inspirer d’autres pays. En Suède, la tradition associe chants, tressages de couronnes et cercle de gratitude autour d’un thé partagé : une idée simple à décliner en France, en famille ou entre amis.
Le Salon du livre jeunesse de Montreuil 2025, quant à lui, poursuit son engagement pour l’inclusion : livres en braille, ateliers en LSF, audiodescription, “mobibulle” pour enfants à besoins spécifiques, jury 100% jeunes. Des exemples qui peuvent inspirer soirées familiales ou choix de lecture en hiver.
Pour explorer plus loin, de nombreux outils sont accessibles en ligne : débats de la Convention citoyenne, ressources pédagogiques, pistes d’activités sur le site du CESE et des bibliothèques. Un calendrier des fêtes de la lumière, des ateliers “découvertes des saisons”, et la sélection annuelle des “Pépites” invitent à multiplier les découvertes partagées. Les groupes de parents éveillés à la parentalité saisonnière ou les forums en ligne permettent d’échanger toute l’année. L’actualité, elle, continue d’être alimentée par les expérimentations scolaires, les nouveautés éditoriales, les formations et initiatives.
Pour clore ce temps fort, certaines familles pratiquent un rituel simple : tirer au sort, lors du solstice, un livre à découvrir ensemble, puis organiser une veillée de partage autour de l’histoire et des émotions rencontrées. Un moment où se mêlent hasard, transmission et joie commune, pour entrer dans l’hiver avec inspiration et tendresse.
Belle lumière d’hiver à toutes et tous, et que la saison nourrisse l’écoute, la douceur et le rêve dans chaque foyer.
