À l’aube du solstice d’hiver 2025, alors que la nuit atteint son apogée avant que la lumière ne commence lentement à renaître, de nombreuses familles s’interrogent : Comment accompagner nos enfants sur le chemin du respect, de la connaissance de soi et des autres, dans un monde en pleine mutation ?
Partout en France, les défis s’intensifient : restrictions budgétaires privent des milliers d’élèves d’actions essentielles sur les droits, la parole, la prévention et l’éducation affective, tandis que de grands débats citoyens interrogent la place des enfants et la structuration de leurs temps de vie. Parallèlement, de beaux signaux d’ouverture émergent autour de la littérature jeunesse, de la créativité familiale, de nouveaux rituels liés à la saison et à l’éveil collectif. Le Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, vitrine internationale de la création et de l’empathie, ainsi que de nombreux guides récents, nourrissent cet élan.
Les familles, éducateurs, thérapeutes et enfants sont nombreux à être concernés par l’évolution des droits et des rythmes de l’enfance. Un double mouvement se dessine : d’un côté, la vigilance autour de la protection, du respect et de l’accompagnement global des enfants ; de l’autre, une floraison de ressources, de livres et de rituels pour inviter la lumière dans la saison sombre. Au cœur du solstice d’hiver 2025, moment rituel où, malgré la nuit, l’espérance d’une nouvelle lumière invite à replanter la graine de l’éveil, de l’écoute et du rêve pour l’année à venir, ces dynamiques prennent corps dans les foyers, les écoles, les bibliothèques, les forêts... lors de tous ces rendez-vous — associatifs, scolaires ou familiaux — où se jouent l’émancipation, la transmission et la convivialité. On conjugue lectures jeunesse lumineuses, ateliers créatifs autour du respect et du consentement, marches en nature, nouveaux rituels familiaux, et expériences de rencontres solidaires ou écospirituelles pendant la pause hivernale. Parce que les droits de l’enfant, le respect du corps et de la parole, l’empathie et la joie d’être ensemble ne prennent pas de vacances ; ils se cultivent jour après jour, saison après saison, — surtout quand la société connaît des soubresauts et que la lumière, justement, a besoin d’être accueillie et célébrée, ensemble.
Cette fin d’année 2025 résonne d’une paradoxale intensité pour l’enfance en France : alors que la nuit du solstice d’hiver s’annonce, le paysage éducatif et familial est traversé par de profondes mutations. Le respect des droits de l’enfant, socle de toute croissance harmonieuse, se trouve à la croisée des chemins.
Urgence éducative et protection des droits
Le signal d’alarme du Planning familial, relayé dès la mi-juin, met en évidence une réalité criante : partout sur le territoire, les acteurs de l’accompagnement et de la prévention peinent à remplir leur mission. Faute de financement, ce sont près de 3 000 élèves des Pays de la Loire qui, cette année, n’auront pas pu bénéficier d’animations éducatives sur le consentement, les droits, la vie affective ou la prévention des violences – des interventions qui avaient, selon la coordinatrice régionale, « permis à des élèves de se rendre compte qu'ils ou elles étaient victimes de violences, commises par un petit ami ou par un membre de leur famille. »
Ce constat, loin d’être isolé, se prolonge à l’échelle nationale : neuf antennes départementales du Planning familial privées de subventions, des licenciements dans les CIDFF, la suppression de 80 % du budget pour certaines structures d’accompagnement des femmes victimes de violences conjugales. Les conséquences touchent les plus vulnérables : enfants, adolescents, familles isolées – et effacent, dans bien des cas, ces précieux espaces de dialogue, de libération de la parole et de repérage des situations à risque.
Un nouveau tournant pour l’école : le programme Evars
Dans ce contexte tendu, l’Éducation nationale engage – non sans résistance – un tournant majeur en lançant le 1er septembre le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) dans toutes les écoles. Après vingt-quatre ans d’attente, il s’agit d’une étape clé : rendre effectives les trois séances annuelles obligatoires, alors qu’en 2024, « moins de 15 % des élèves en bénéficiaient ». Mais cette avancée se heurte là aussi à des fragilités : la fin des subventions publiques impacte particulièrement les associations (notamment le Planning familial), qui intervenaient gratuitement dans les établissements. Désormais, faute de moyens, beaucoup de collèges et lycées devront financer ces interventions ou s’en passer. Le risque, comme le rappelle une proviseure, est de « laisser les enseignants démunis », car « tous les professeurs ne se sentent pas en capacité de répondre aux questions des élèves sur ces sujets. »
La formation peine à suivre le rythme : elle reste « très disparate selon les académies ». La crainte domine que, faute de moyens et de soutien, ce nouveau programme – pourtant vital pour la prévention et le respect des droits – ne soit appliqué que partiellement, voire détourné dans certains établissements.
Débats citoyens et démocratie éducative
Face à ces incertitudes, émergent aussi de formidables élans participatifs. La Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, lancée en juin 2025, réunit 130 Français tirés au sort pour « mieux structurer la vie quotidienne des enfants » (rythmes scolaires, loisirs, accès aux droits…), avec une restitution prévue en novembre. Pour la première fois, la voix des jeunes est directement intégrée, via un groupe d’enfants qui partageront attentes, ressentis et envies pour faire avancer les débats.
Cet espace démocratique affirme la nécessité de partir des besoins de l’enfant, en écho à la démarche de permaculture humaine : écouter la voix des enfants, leur laisser une place réelle dans les choix éducatifs et quotidiens. Mais il engage aussi à la vigilance pour que les préconisations citoyennes débouchent sur des actes concrets.
Chiffres marquants
- 3 000 élèves privés d’interventions dans une seule région cette année.
- 66 170 € de subventions perdues pour le seul Planning familial en Pays de la Loire.
- 80 % de budget supprimé pour certaines associations d’aide aux femmes et enfants.
- Moins de 15 % des élèves bénéficiaient jusque-là d’un accompagnement effectif en éducation à la vie affective et sexuelle, malgré la loi.
« On coupe les moyens d'agir, mais les besoins, eux, augmentent. »
« Ces interventions ont permis à des élèves de se rendre compte qu'ils ou elles étaient victimes de violences. »
« Ce programme, c’est une excellente nouvelle et un soulagement… On aurait pu aller plus loin, mais c’est un bon compromis. »
« Ce n’est pas avec un budget constant qu’on arrivera à faire ça bien. »
Entre ombre et lumière : le sens du solstice
Le solstice d’hiver, symbole de passage et de lumière retrouvée, interpelle. Comment accompagner les enfants, alors que les piliers du respect, de l’écoute et de la prévention vacillent ? Le livre jeunesse, la parole partagée en famille, et les rituels collectifs se posent en remparts lumineux dans l’obscurité — une invitation à inventer, ensemble, de nouveaux chemins de résilience, d’empathie et de transmission, en dépit des contraintes du contexte.
Dans cette traversée du solstice, il s’agit donc d’honorer la lumière : en s’informant, en transmettant, en cultivant l’écoute et la force du lien… pour qu’aucun enfant ne grandisse sans savoir qu’il a des droits, et que la société toute entière veille à ce qu’ils soient respectés.
Traditions, résilience et appel aux droits
Le solstice d’hiver, dans de nombreuses traditions du monde entier, marque non seulement le retour symbolique de la lumière, mais aussi un moment-clef pour nourrir la résilience — individuelle comme collective. À travers l’histoire, cette saison n’est pas qu’une affaire de nuits longues ou de froid : elle est, dans bien des cultures, le temps du rêve, du recentrage et du lien, notamment pour les enfants.
Côté droits de l’enfant, l’hiver 2025 survient dans un climat de tensions inédites en France. Les coupes budgétaires régionales frappent fort : des associations incontournables, comme le Planning familial ou Solidarité Femmes, témoignent de leur difficulté voire, parfois, de leur incapacité à assurer prévention et accompagnement auprès des jeunes. Or, en 1989, la Convention internationale des droits de l’enfant de l’ONU affirmait que « l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans un environnement de bonheur, d’amour et de compréhension ». Pourtant, en 2025, l’UNICEF alerte encore sur des fragilités persistantes : accès à l’écoute, protection contre les violences, égalité réelle devant l’éducation.
Double mouvement de l’éducation
- Depuis la loi de 2001, trois séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars) sont obligatoires chaque année, mais elles n'étaient effectives que pour 15 % des élèves avant 2025. La rentrée marque donc un tournant symbolique — trois séances désormais obligatoires, appuyées par un nouveau socle pédagogique. Cependant, l’application se heurte, dans beaucoup de territoires, à un manque criant de formation et de relais associatifs, ceux-là mêmes qui sont fragilisés par la chute des financements publics.
- La récente convention citoyenne sur « les temps de l’enfant » (juin-novembre 2025) incarne le désir de co-construire des rythmes plus adaptés à leur bien-être : une démarche qui fait écho à la permaculture humaine : donner corps à la parole des enfants, encourager la co-création intergénérationnelle.
Une dynamique internationale et littéraire
À l’international, la France n’est pas seule à affronter ces défis. Plusieurs pays européens, comme l’Espagne – Huesca, notamment – mettent en avant des politiques robustes, associant rituels d’hiver, apprentissage de l’autonomie et du respect, et conscience environnementale. En Scandinavie, où l’hiver est rude et long, la lumière joue un rôle central : on célèbre, dans les familles comme à l’école, la chaleur du collectif, l’accueil des différences, la puissance des histoires.
La littérature jeunesse s’impose depuis les années 1970 comme un levier d’émancipation et de guérison. En France, le marché du livre jeunesse monte en puissance et des événements comme le Salon du Livre de Montreuil rappellent, chaque année, que les histoires, les poèmes, les albums sont des alliés puissants pour transformer l’ombre en lumière.
État des lieux en 2025 : marchés, pratiques et inclusion
Ce solstice 2025 voit converger : des interrogations nouvelles sur la place de la parole et du respect dans la société, la fragilisation de certains outils essentiels d’accompagnement, mais aussi des initiatives inspirantes, portées par la lecture, la célébration du lien, et une éducation tournée vers la lumière retrouvée.
En 2024, la littérature jeunesse représente 13,4 % du marché du livre en France, troisième secteur éditorial derrière la littérature générale et la bande dessinée/manga. La 41ᵉ édition du SLPJ met l’accent sur l’inclusion : guide FALC, prêt de fauteuils roulants, lectures en LSF, animations braille. La “mobibulle”, mobilier nomade, amène la lecture au plus près des jeunes en situation de handicap. Jusqu’à 80 % du budget a été supprimé pour certaines associations. Si les services médicaux essentiels résistent, l’éducation à l’empathie et au respect recule là où des animations disparaissent. Trois séances annuelles sont désormais imposées à tous les élèves dans le cadre du nouveau programme Evars, mais la formation des enseignants demeure très variable et souvent courte (deux jours, contre plusieurs mois pour les spécialistes). Selon l’UNICEF, 80 % des familles qui ritualisent les passages des saisons rapportent un dialogue intergénérationnel de meilleure qualité. Rituels partagés (lectures du soir, créations saisonnières, discussions sur le consentement) favorisent la confiance et la capacité à reconnaître la violence chez les enfants. Des traditions européennes comme la création de lampes du solstice, d’arbres à vœux, ou de veillées collectives participent à transformer le sentiment d’impuissance en énergie de reliance. La demande familiale pour des séjours nature, ateliers participatifs, festivals autour de la lumière progresse de 12 % en 2024. Que ce soit à Huesca (Espagne, haut-lieu de permaculture et de festivals pour enfants) ou dans les montagnes françaises, c’est l’aventure de l’émerveillement partagé qui prime.
Propositions concrètes pour cultiver la lumière ensemble
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Lectures jeunesse “lumineuses” :
- Albums sur l’empathie, la différence, le consentement. La sélection du Salon du Livre de Montreuil et des documentaires édités chez Seuil Jeunesse offrent des idées pour aborder le respect, l’émotion, la force de la parole. Livres tactiles, DYS, adaptés, audio, en LSF ou gros caractères multiplient l’accessibilité.
- Poèmes et histoires pour méditer la lumière, à partager lors de veillées familiales, associées à l’écriture de “souhaits-lumière” pour l’année à venir.
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Rituels familiaux inspirés de la permaculture humaine :
- Marche du solstice et création d’une “lampe de la lumière”.
- Arbre des rêves d’hiver où chaque membre de la famille accroche un vœu ou un souhait pour la planète ou les droits de l’enfance.
- Table-ronde familiale sur le respect, lecture suivie d’une discussion sur le consentement, le respect du corps, la force de la parole.
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Slow-travel et vacances autrement :
- Séjours dans des fermes de permaculture, ateliers culturels, festivals familiaux célébrant la lumière de l’hiver.
- Balades nocturnes à la bougie en montagne, animées par des médiateurs expérimentés.
- Sorties culturelles et ateliers nature pour mêler connaissance, lien social et créativité.
Pour aller plus loin
- Les ressources en matière d’animation et de dialogue sont disponibles sur les sites du Planning familial, de la Fédération des Parents d’Élèves et des associations engagées pour les droits de l’enfant. Le Salon du Livre Jeunesse de Montreuil propose en ligne bibliographies, interviews d’auteurs, et podcasts pour toute la famille.
- Médiathèques, maisons de la nature ou structures associatives multiplient les ateliers, veillées, clubs lecture. L’association “Harmonie & Nature” accueillera en janvier un nouveau cercle rituélique associant conte, musique et création collaborative.
- Un carnet collectif où petits et grands partagent rêves, ressentis ou coups de cœur livresques favorise la parole et la transmission.
- Instagram (@helene.harmonie) et YouTube (“Harmonie & Nature”) proposent des ressources saisonnières pour nourrir la lumière au fil de l’année.
En ce solstice d’hiver 2025, alors que la nuit paraît s’éterniser et que le climat extérieur – social, institutionnel, même météorologique ! – met à l’épreuve nos forces, rallumons ensemble la lumière du respect et de l’écoute. Plus que jamais, il est essentiel de cultiver l’empathie, la connaissance de soi, et cette force collective qui permet à chaque enfant, chaque famille, de traverser l’ombre pour mieux retrouver la douceur du soleil…
Que chaque lampe allumée, chaque histoire partagée, chaque parole de respect soit la promesse d’un printemps où grandir en liberté, ensemble.
