À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, célébrée chaque 20 novembre, familles, organisations et citoyen·nes se mobilisent en France et ailleurs pour rappeler que les droits des enfants – droit d’être protégé, respecté, entendu – restent fragiles face aux violences mais aussi face à une société marchande qui s’invite jusqu’à la salle de bain familiale.
Dans plus de quarante villes françaises, des rassemblements portés par 77 associations ont alerté sur l’urgence de lutter contre toutes formes de violence faites aux enfants et adolescent·es : violences sexuelles, violences éducatives ordinaires, discriminations multiples… Les professionnel·les de santé, quant à eux, s’inquiètent de la mode récente des instituts de beauté pour enfants, dénonçant l’exposition des plus jeunes à des produits superflus, voire dangereux, quand la vraie protection passe par la simplicité, le respect du corps et l’éducation à l’estime de soi.
Cet engagement collectif est vital, car en France, 160 000 enfants subissent chaque année des violences sexuelles et 12 % des adultes reconnaissent avoir été victimes, enfants, de maltraitance. Prévention, accompagnement et réaction collective restent souvent insuffisants. Pourtant, parents, éducateurs et citoyen·nes peuvent placer autrement le respect, l’écoute et un soin écologique au cœur du quotidien.
Derrière les grands principes, la réalité demeure souvent douloureuse. Chaque année, 160 000 enfants seraient victimes de violences sexuelles et un enfant est tué tous les cinq jours par ses parents. Près de 6 à 7 millions de Français vivent avec les séquelles de maltraitances subies enfant, selon la Fondation Action Enfance. La protection passe par la vigilance et l’engagement de toute la société. Claire Bourdille, du Collectif enfantiste, rappelle : « Il y a tout ce qu’il faut pour agir au niveau de la protection de l’enfance. Ce qu’il manque, c’est la volonté politique. Mais pour qu’il y ait une volonté politique, il faut aussi qu’il y ait une société derrière, qui pousse et réclame un changement. »
Face aux violences, la réaction de l’entourage est souvent absente : seuls 28 % des témoins de situations préoccupantes entreprennent des démarches, alors que la majorité des signalements au 119 (numéro national enfance en danger) provient de professionnels. Nombre d’adultes hésitent à agir, par méconnaissance, tabou ou sentiment d’impuissance. Les formes de violences sont multiples : désintérêt parental, violences physiques ou psychologiques, cyberharcèlement, inceste, pédocriminalité, violences institutionnelles. Les associations réclament des avancées nécessaires : meilleur financement de la protection de l’enfance, réforme de l’Aide sociale à l’enfance, application des recommandations de la Commission indépendante sur l’inceste (CIIVISE). Elles demandent entre autres l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs ou la reconnaissance du statut de victimes pour les enfants témoins d’un féminicide.
Un climat de pression s’installe également avec la multiplication d’instituts de beauté pour enfants. La Société française de dermatologie rappelle : « L’enfant n’a pas besoin de produits cosmétiques. Tout cosmétique, même réglementé, expose à un risque : allergies, eczémas, irritations… sans parler des conséquences psychologiques sur la perception de soi. » La pédopsychiatre Amandine Buffière alerte sur le danger de placer l’apparence au centre de l’identité de l’enfant, risquant d’altérer durablement estime de soi et construction de la personnalité.
La protection des droits de l’enfant s’inscrit aussi dans une dynamique mondiale. En 1989, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) a posé les bases d’une reconnaissance universelle de droits fondamentaux : protection, éducation, santé, expression. Pourtant, alors que presque tous les États l’ont signée, le chemin reste long. L’OMS estime que plus d’un milliard d’enfants subissent chaque année des violences dans le monde. En France, les numéros d’urgence se multiplient, la réforme de la protection de l’enfance progresse, et la parole se libère : infanticide, inceste, cyberpédocriminalité, mutilations, « violence éducative ordinaire » ou encore désintérêt parental forment un large éventail de situations de risque.
Certaines avancées étrangères (comme l’interdiction de la violence éducative ordinaire en Suède dès 1979) poussent à penser une éducation basée sur la bienveillance, l’écoute et la médiation. Le bien-être des enfants s’inscrit dans des combats plus larges pour l’égalité, la justice sociale ou l’accès à un environnement sain.
Dans la vie quotidienne, la vigilance est essentielle :
- 12 % des Français déclarent avoir subi des maltraitances durant leur enfance (soit environ 6 à 7 millions de personnes).
- Aucune réglementation spécifique n’encadre les cosmétiques destinés aux enfants ; la peau des plus jeunes est plus perméable et plus vulnérable aux allergies et irritations.
- Les professionnels constituent la majorité des « sentinelles » pour repérer les situations préoccupantes, mais seulement 28 % des témoins entament une démarche concrète.
- Les instituts de beauté pour enfants se multiplient, portés par les réseaux sociaux et le marketing, au risque d'ancrer chez l’enfant l’idée que l’apparence prévaut sur l’identité profonde.
- 160 000 enfants victimes de violences sexuelles chaque année en France, soit près de 440 chaque jour.
- Le 119, numéro d’écoute et de signalement, reste trop souvent méconnu du grand public.
- Le cadre légal existe, fondé sur la Convention internationale des droits de l’enfant ratifiée par la France.
Sensibiliser, lever les tabous sans culpabiliser : la vigilance collective commence dans la vie de tous les jours, du récit du soir à la salle de bain naturelle, en passant par la façon dont on écoute et on parle avec les enfants.
Pour aller plus loin, il est possible d’ouvrir le dialogue sans alarmer, en s’appuyant sur des ressources fiables, des ateliers d’éducation bienveillante ou avec le soutien de collectifs locaux. Le 119 reste une ressource précieuse en cas de doute, et de nombreuses associations (UNICEF, CIIVISE, Enfance & Partage) proposent des informations, outils concrets et formations.
Chacun peut faire sa part en s’informant, partageant, rejoignant des groupes de discussion ou d’entraide pour progresser ensemble sur le chemin du respect des droits des enfants. Chaque geste compte, même le plus discret, pour que la vigilance et l’écoute familiale deviennent aussi, partout, un réflexe citoyen. La protection et l’épanouissement des enfants naissent de la créativité, de la patience et de l’exemple. Continuons d’apprendre et d’agir, ensemble.
