À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, de nombreuses familles, associations, éducateurs, chercheurs – mais surtout enfants et adolescents – se mobilisent autour de la défense et de la promotion des droits de l’enfant. Le 20 novembre, cette journée donne lieu à une forte mobilisation en France et dans le monde, dans des villes comme Paris, Strasbourg, Bordeaux, Annecy ou encore Bruxelles.
Le programme est varié : marches citoyennes, ateliers de sensibilisation, actions pédagogiques, mais aussi discussions à la maison sur la protection, le respect, l’expression libre et l’accompagnement des besoins fondamentaux de l’enfant : sécurité, amour, éducation, loisirs, droit à la parole et à la différence. En France, le chiffre de 12% d’adultes déclarant avoir subi des maltraitances durant leur enfance rappelle l’urgence de la prévention et de la libération de la parole, tout en cultivant un quotidien où chaque enfant apprend à se défendre et à s’exprimer dans la sérénité.
Ces initiatives ne se limitent pas au 20 novembre : tout au long de l’année scolaire, les familles sont invitées à s’informer, dialoguer et inventer des solutions d’aujourd’hui et de demain pour un monde plus juste et plus protecteur. Les écoles, centres de loisirs, associations et foyers familiaux accueillent livres-jeux, ateliers créatifs, voyages éco-responsables, recettes familiales ou simples discussions autour de droits et de différences.
Pour accompagner ces démarches, les ressources ne manquent pas : littérature jeunesse engagée, jeux vidéo comme “Wednesdays”, plateformes éducatives telles que Lumni ou divers podcasts, ateliers de cuisine et bricolage zéro déchet, outils pour repérer et prévenir toutes formes de violences. Mais l’essentiel reste d’impliquer pleinement les enfants : écouter leurs besoins, valoriser leur point de vue, leur rappeler le 119 (numéro d’urgence enfant en danger), et leur apprendre à devenir des citoyens du monde confiants et attentifs.
La raison de cette mobilisation est simple : chaque enfant a droit à la sécurité, au respect, à l’écoute, au bien-être et à la liberté de rêver, créer, explorer. Prévenir la violence, c’est semer la bienveillance, le dialogue et l’esprit critique pour que les enfants d’aujourd’hui deviennent demain des adultes libres, heureux, solidaires et connectés à leur environnement.
Chaque année, la Journée internationale des droits de l’enfant met en lumière une réalité encore difficile à regarder en face : des enfants privés de protection ou même de sécurité, parfois au sein de leur propre famille. En 2024, la mobilisation citoyenne s’est étendue dans plus de 40 villes françaises, soutenue par 77 associations réclamant des mesures de protection accrues.
Quelques chiffres témoignent de l’ampleur du problème :
- 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France.
- Un enfant est tué tous les cinq jours par ses parents.
- Les violences subies englobent l’inceste, la pédocriminalité, le cyberharcèlement, la violence éducative ordinaire, la discrimination.
- 12% des adultes français déclarent avoir été maltraités durant leur enfance – soit près de 7 millions de personnes.
- Seuls 28% des témoins de violences sur mineurs signalent ce qu’ils ont vu : la peur de se tromper reste un frein majeur.
Les conséquences sont lourdes : dépression, anxiété, troubles scolaires, isolement, comportements à risque. Beaucoup d’enfants n’identifient pas ce qu’ils subissent comme de la violence, et le tabou reste très présent. Le témoignage de François Vacherat (Fondation Action Enfance) le rappelle : “On connaît tous quelqu’un qui a été victime et qui ne l’a pas forcément dit”.
Des voix s’élèvent. Pour Claire Bourdille (Collectif enfantiste) : “Il y a tout ce qu'il faut pour agir au niveau de la protection de l'enfance. Ce qu'il manque, c'est la volonté politique. Mais pour qu'il y ait une volonté politique, il faut aussi qu'il y ait une société derrière, qui pousse et qui réclame un changement.” Les enfants eux-mêmes résument leurs besoins clairement : “Être protégé, respecté et avoir le droit de se faire entendre par tout le monde.” (Marceau, 10 ans).
Le 119 « Allô Enfance en danger » est une ressource vitale à faire connaître aux enfants. Les associations militent aussi pour :
- la création d’un ministère dédié à l’Enfance,
- le renforcement des financements,
- la dénonciation obligatoire des crimes et délits sexuels sur mineurs,
- l’application des préconisations de la Ciivise.
Pour les familles, la vigilance et la capacité à accueillir la parole de l’enfant sont décisives. Transmettre les valeurs de respect, d’écoute et d’autonomisation est un choix fondateur. Il s’agit de combiner connaissance des droits, outils de dialogue (livres, jeux, ateliers) et gestes quotidiens pour bâtir des environnements protecteurs et ouverts.
À l’échelle internationale, la protection des droits de l’enfant reste un défi, alors que la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) a été adoptée en 1989. Pourtant, selon l’UNICEF, près d’un milliard d’enfants subissent encore chaque année des violences physiques, psychologiques ou sexuelles dans le monde. En France, 160 000 enfants victimes de violences sexuelles sont recensés chaque année, et un enfant est tué en moyenne tous les cinq jours par ses parents. Plus de 12 % des Français déclarent avoir subi des maltraitances durant leur enfance. Par ailleurs, 150 millions d’enfants travaillent encore, au détriment de leur santé et de leur avenir (UNESCO).
La France réalise des avancées grâce à la société civile, aux réseaux associatifs, à l’innovation pédagogique, mais le chemin reste long. La protection effective ne peut progresser sans vigilance citoyenne.
Afin d’agir concrètement, plusieurs ressources et pistes sont à explorer :
- Afficher le numéro 119 « Allô Enfance en danger » chez soi ;
- Utiliser les jeux et la lecture pour libérer la parole (jeu vidéo Wednesdays, cahiers d’activités sur les émotions, lectures sur la biodiversité, bricolages zéro déchet) ;
- Voyager de façon responsable (séjours en écovillages, AMAP, voyages solidaires, carnets zéro déchets) ;
- Aborder la question du consentement, de l’égalité et de la diversité à travers des livres, des podcasts ou même des ateliers cuisine ou créatifs adaptés à l’âge.
De nombreuses ressources sont disponibles sur les sites d’UNICEF France, Enfance & Partage, Lumni ou France Inter. Penser à afficher le numéro d’urgence 119 ou à le rappeler à son entourage : appeler, c’est déjà protéger.
Les questions d’éducation, d’écologie familiale et de respect des droits peuvent sembler immenses, mais un simple geste, une discussion ou une activité partagée peuvent insuffler le changement, même discret. Chacun, à sa manière, peut semer les bases d’un environnement plus sûr pour les enfants, aujourd’hui et demain.
