Comment transmettre à nos enfants une approche saine et écologique du soin de soi, loin des cosmétiques marketing et des tendances beauté risquées ? À travers des activités DIY, le potager familial et des rituels ludiques inspirés de la nature, voici des clés concrètes pour cultiver bien-être, autonomie et esprit critique, en famille et sans greenwashing.
Des familles soucieuses de la santé et du bien-être de leurs enfants s’inquiètent face à la multiplication des produits cosmétiques, soins spa et snacks ultra-transformés, portés par des tendances venues des réseaux sociaux et du marketing. La Société Française de Dermatologie et de nombreux professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme : ces produits ciblés “kids” sont rarement adaptés, parfois inutiles ou risqués. En réponse, de plus en plus de parents et d’éducateurs cherchent à replacer la nature, le jeu et la création manuelle au centre de l’éducation au soin de soi et à l’écologie, via des activités DIY accessibles, du potager à la salle de bains.
Ce mouvement émerge alors que l’offre “beauté/enfance” explose, à la faveur des beaux jours propices à la vie dehors, au jardinage et à la découverte de nouvelles expériences – mais aussi à la tentation des modèles marchands et du greenwashing, particulièrement pendant les vacances scolaires.
À la maison, dans le jardin familial, sur le balcon ou en pleine nature, chaque occasion devient un terrain de jeu pour renouer avec le faire ensemble, l’expérimentation sensorielle et la créativité partagée. Les enfants sont invités à découvrir la permaculture, les plantes sauvages comestibles, à réaliser leurs propres cosmétiques ou goûters issus du potager, à travers des ateliers en famille ou grâce à des livres-jeux écologiques.
Pourquoi cet engagement ? Parce qu’il devient urgent de protéger nos enfants du marketing, des produits superflus ou dangereux, et de cultiver dès le plus jeune âge leur esprit critique, leur autonomie et leur joie par le lien à la Terre. En offrant ce modèle, les familles s’engagent pour la santé, le développement émotionnel et la liberté intérieure – tout en semant, ensemble, les graines d’une culture du soin authentique et respectueuse du vivant.
Explosion des produits cosmétiques et alimentaires “spécial enfants” : vigilance nécessaire
Difficile d’ignorer la prolifération des produits “enfants” dans les rayons cosmétiques, alimentaires, ou même dans les instituts de beauté : le marketing parentalise à outrance, exploite les codes des réseaux sociaux – mais s’éloigne souvent des vrais besoins des plus jeunes.
Selon la Société française de dermatologie, le nombre d’instituts proposant des soins esthétiques aux enfants a explosé en France (+40% en trois ans), alors même qu’il n’existe aucune réglementation spécifique pour les cosmétiques destinés aux moins de 12 ans. Le marché des snacks apéritifs pour bébés, lui, a bondi de 25% en deux ans, offrant des produits jusqu’à cinq fois plus chers que les équivalents adultes, sans bénéfice nutritionnel démontré.
Face à ce constat, les recommandations officielles sont claires : “L’enfant n’a pas besoin de produits cosmétiques. Or, tout cosmétique, même réglementé, expose à un risque, comme le développement d’une allergie.”, rappelle le Pr Pierre Vabres, dermatologue, tandis que la SFD écarte tout usage de routines beauté chez les enfants, insistant sur le fait que les cosmétiques ne sont pas des jouets. Sur le volet alimentaire, Christine Zalejski, nutritionniste, alerte : “Plus l’enfant aura accès tôt à des produits ultra-transformés, plus il développera l’appétence pour ce type de texture, ce qui peut conduire à des habitudes de consommation malsaines.” En parallèle, Christophe Bédane (SFD/CHU Dijon) rappelle que “85% des cancers cutanés proviennent d’expositions UV durant l’enfance et l’adolescence”.
Les conséquences se font sentir : la surexposition précoce aux cosmétiques accroît les allergies et l’eczéma, tandis que les réseaux sociaux popularisent des challenges au bronzage extrême ou à l’alimentation fun mais ultratransformée. Le soin et l’expression de soi basculent vers l’injonction à l’apparence, au détriment du ressenti authentique de l’enfant et de son estime de soi.
Face à ces enjeux, parents, formateurs et éducateurs sont appelés à déconstruire le discours commercial, à privilégier l’expérience sensorielle au jardin, le bricolage nature, et des rituels familiaux bienveillants, afin de rendre au “prendre soin” tout son sens.
En résumé : le retour au naturel et à la créativité devient un acte de prévention santé, mais aussi une source d’épanouissement et de résilience pour l’enfant de demain.
Un constat global : double mouvement entre surconsommation enfantine et éveil au vivant
Depuis vingt ans, la consommation de produits cosmétiques et alimentaires “kids” s’impose dans les sociétés occidentales : le marché mondial progresse de 7%/an, avec des tendances “beauté” et “snacking” ciblant même les 6-12 ans. Pourtant, pour la SFD, aucun de ces produits n’est indispensable : certains exposent les enfants à des irritants, allergènes ou alimentent une dépendance psychologique à l’apparence. Les risques sont avérés : la peau des enfants est fragile, d’où une explosion des cas d’eczéma et d’allergies de contact, mais aussi une sensibilité accrue aux injonctions à l’image corporelle véhiculées sur TikTok ou Instagram.
Dans les pays nordiques et d’Europe centrale, la réponse passe par la pédagogie nature : jardinage, DIY à la maison, “forest schools”… Résultat : 60% des familles allemandes pratiquent des activités nature en famille, protégeant leur santé et développant esprit critique et confiance en soi. La France, elle, voit croître l’offre plus vite que la régulation.
Pour les enfants, l’accès au jardin, à la cueillette, à la fabrication maison de baumes ou savons, nourrit l’ancrage dans le vivant, la confiance corporelle et la joie d’apprendre – autant de remparts face à la marchandisation du soin et à ses dérives.
Enseigner l’écologie et le soin authentique, c’est conjuguer vigilance face au greenwashing, joie de la création, et redécouverte des gestes simples de nos aïeux – devenus, aujourd’hui, plus précieux que jamais.
Privilégier le simple, le naturel, le partage
En France, la part des instituts de beauté pour enfants a bondi de 30% ces trois dernières années, reflet d’une envie de “faire plaisir autrement”, mais aussi d’une routine cosmétique superflue, voire à risque.
Or, 80% des allergies de contact chez l’enfant se déclarent sur des zones exposées à des cosmétiques. Pour éviter ce cercle vicieux, mieux vaut privilégier des ingrédients bruts issus du jardin ou du garde-manger – calendula, aloe vera, huiles végétales – et apprendre ensemble à lire les étiquettes, en évitant parfums et colorants. Selon UFC-Que Choisir, 7 produits “naturels” ou “écolos” sur 10 présentent en réalité des défauts de composition ou de packaging trompeur.
Autre levier d’autonomie familiale : le potager. Un carré de 10m² peut couvrir jusqu’à 30% des besoins annuels en légumes d’une famille de 4 à 5 personnes. Les ateliers de jardinage, mais aussi la fabrication de cosmétiques ou de goûters avec les enfants ancrent des habitudes durables. Les plus petits, avant 10 ans, citent d’ailleurs “l’odeur des fleurs” ou l’eau de pluie comme leurs plaisirs sensoriels favoris lors d’ateliers nature – signe que le goût du vivant l’emporte sur l’attrait de l’image.
La demande d’alternatives se fait sentir : la vente de livres-jeux écologiques pour enfants a bondi de 18% en un an, tout comme le succès grandissant des cahiers d’introspection (“Moi et mes émotions”) lors d’ateliers parent-enfant.
Outils, ressources et inspirations : vivre le retour au naturel, chaque jour
Adopter un mode de vie naturel et éco-éducatif ne se fait pas en un jour. Chaque instant partagé compte : un baume au calendula à fabriquer ensemble, des plantes sauvages à explorer en vacances, un livre-jeu à feuilleter lors d’une soirée d’hiver.
- “Ma vie plus verte” (Casterman), “Mon cahier de jeux, sur la piste des animaux” (Plume de Carotte), ou “Moi et mes émotions” (Bayard Jeunesse) accompagnent enfants et parents dans cette aventure, tout comme les ateliers associatifs (Repair Café, AMAP, stages nature famille…).
- Les découvertes estivales : visite de fermes bio, immersion dans des jardins d’écovillages, expériences permaculturelles hors des sentiers battus.
- Pour aller plus loin : recettes, rituels et témoignages sont à retrouver dans la newsletter “Lettres Vertes en Famille”, et sur @helene.harmonie.
À venir : un guide PDF “10 rituels nature à partager en famille”, des ateliers cosmétiques en ligne, de nouveaux formats vidéo pour cultiver ensemble soin, conscience et créativité, dans la joie.
Prendre soin de la Terre, c’est prendre soin de ses enfants.
Bonus : trois idées recettes à réaliser ensemble, dès le jardin familial
- Baume douceur à l’aloe vera et calendula
- Teinture végétale pour tissus à la betterave ou au curcuma
- Savon au plantain et lavande du potager
L’avenir de nos enfants se construit chaque jour, dans ce que nous cultivons, fabriquons et partageons… ensemble.
