Accompagner les enfants vers l’épanouissement sportif : Jeux Olympiques, mixité et prévention du harcèlement

11 février 2026Élise Caron-Dubois
Accompagner les enfants vers l’épanouissement sportif : Jeux Olympiques, mixité et prévention du harcèlement
11 février 2026Élise Caron-Dubois

Accompagner les enfants vers l’épanouissement sportif : Jeux Olympiques, mixité et prévention du harcèlement

À l’approche des Jeux Olympiques d’Hiver 2026 à Milano Cortina, la passion pour les sports de glisse anime petits et grands. Les exploits de championnes comme Mathilde Gremaud en snowboard big air font vibrer une nouvelle génération : des enfants, filles comme garçons, qui rêvent à leur tour d’aventures sur les pistes. Mais alors que cette dynamique mêle enthousiasme et compétition, la question de l’accompagnement des enfants et adolescents se pose : comment leur permettre de s’épanouir dans le sport en cultivant confiance, respect et équilibre ?

Le retour du Pass Sport pour les 6–13 ans en 2026 offre une nouvelle chance à toutes les familles, y compris les plus modestes ou vivant en zones rurales, d’accéder plus aisément aux clubs, renforçant mixité et esprit d’équipe. Cependant, cette vague d’émulation s’accompagne de défis : pression du résultat, risques d’exclusion ou de harcèlement au sein des groupes, inégalités persistantes entre filles et garçons. Il s’agit de prévenir ces écueils tout en encourageant le dialogue – à la maison comme dans les associations.

La route vers les JO 2026 s’ouvre ainsi sur un terrain de jeu plus inclusif… mais aussi plus exposé. Mathilde Gremaud, triple médaillée olympique suisse et modèle d’engagement au féminin, incarne pour beaucoup le rêve devenu accessible : persévérance, respect de soi et des autres, plaisir du collectif tout autant que de la différence. Son message est clair : la réussite, c’est avant tout d’oser être soi, de préserver sa joie, de croire à sa place, même sans médaille. Transmettre la fierté de nos différences et la capacité à relever la tête face à l’adversité, voilà l’un des plus beaux cadeaux du sport.

La réalité demeure cependant préoccupante : une étude menée en 2025 estime qu’un jeune sur trois en primaire ou collège est confronté au harcèlement ou au cyberharcèlement. L’exclusion temporaire du Pass Sport l’an passé a provoqué une chute de 20 % des inscriptions en clubs sportifs, ce qui a mené à sa réintroduction dans le budget 2026 afin de garantir l’égalité sur le terrain. Pour Sarah El Haïry, Haute-commissaire à l’Enfance, la protection des enfants dans et autour du sport devient une priorité, avec la création prochaine d’un Conseil des victimes pour mieux soutenir les jeunes concernés par le harcèlement ou d’autres formes de violence.

En parallèle, 11 % des jeunes licenciés rapportent avoir connu des propos, gestes ou exclusions violents dans le cadre sportif, selon la dernière enquête menée auprès des fédérations. Celles-ci, avec les clubs, mettent dorénavant en place des référents protection jeunesse, tandis que la prévention des discriminations et du sexisme gagne du terrain grâce à des actions plus structurées.

La médiatisation des Jeux attire de plus en plus d’enfants vers les clubs. Pourtant, vigilance et dialogue restent essentiels. La Convention des Droits de l’Enfant rappelle que chaque jeune a droit au jeu, à l’expression et à l’épanouissement dans le sport, mais près de 36 % seulement des filles de 12 ans pratiquent encore la glisse ou le freestyle – une proportion en hausse grâce à la visibilité des modèles féminins. En France, malgré les efforts pour améliorer l’accès, la couverture des clubs demeure inégale et le soutien public reste vital, en particulier pour les familles rurales ou modestes.

Les exemples venus du Canada, de Scandinavie ou du Japon incitent à aller plus loin dans la mise en place d’un coaching bienveillant et d’une véritable mixité. En France, si la dynamique est lancée, beaucoup reste encore à faire. Profiter de l’effet-miroir des JO pour ouvrir le dialogue en famille, déceler dès que possible les signaux de mal-être, et transmettre l’esprit olympique comme espace de coopération plutôt que de simple compétition prend tout son sens.

Le big air, discipline phare des JO 2026, proposera pour la première fois une parité parfaite femmes-hommes, mettant en lumière toutes les jeunes snowboardeuses. Environ 160 000 jeunes pratiquent aujourd’hui le snowboard en France, un chiffre en augmentation constante, en particulier chez les 8–13 ans, grâce à des infrastructures plus accessibles et adaptées.

L’essentiel reste que chaque activité sportive s’effectue dans un cadre sécurisé, sans pression ni discrimination. Les enfants ont le droit d’être entendus, de refuser l’exclusion ou la violence, de pratiquer… ou d’arrêter. Les familles, elles, s’organisent en s’inspirant parfois des aventures façon "taxi Lacheau" où l’humour, les mini-jeux et l’entraide font du trajet vers le club un moment complice et joyeux. Privilégier les équipements éthiques, recyclables ou de seconde main, c’est aussi inscrire la pratique dans le respect de l’environnement et rappeler que le bien-être prime sur la victoire.

Pour accompagner l’épanouissement individuel et collectif, plusieurs pistes se dessinent : instaurer des rituels familiaux autour des épreuves (respirations, tirage du "mantra du jour", mini-jeux de mimes, etc.), débattre en soirée sur le geste le plus sportif ou solidaire plutôt que sur le simple score, valoriser trois qualités mobilisées par chaque membre au quotidien, instaurer des carnets de gratitude lors de rassemblements familiaux ou pendant les vacances, et organiser de mini-olympiades domestiques axées sur les valeurs d’amitié, de respect et d’excellence, où les médailles récompensent d’abord la générosité ou le courage.

Les livres sont de précieux alliés pour ouvrir le dialogue sur des thèmes comme le courage, la différence, la confiance en soi ou la prévention du harcèlement. Proposer en libre accès des titres comme "Alix et le pouvoir des mots", "Juliette ne veut plus aller à l’école", ou "C’est quoi le harcèlement ?" encourage la discussion aussi bien avant qu’après les épreuves. Même les plus grands se laissent porter par une lecture à voix haute qui invite à parler de joie, mais aussi de doutes ou de difficultés.

Les ressources d’écoute et d’aide sont à portée de main : numéro 3018 pour le cyberharcèlement, 119 pour l’enfance en danger, ou encore les cellules d’écoute des clubs labellisés. Dès la rentrée 2026, la charte éthique devra également être affichée dans chaque structure accueillant des enfants.

Enfin, il est essentiel de garder la porte ouverte à la discussion et d’encourager chaque enfant à avancer à son rythme, avec confiance. Les retours d’expériences, les rituels familiaux et les lectures privilégiées nourrissent la réflexion collective. Ensemble, l’objectif est de faire du sport un espace de joie, d’équité et de transformation, pour que chaque victoire, grande ou petite, compte dans la construction de l’enfant serein, engagé et solidaire. Oser, écouter, partager : voilà l’esprit des Jeux à transmettre dans la vie, bien au-delà des pistes.

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