En janvier 2026, un vent de nouveautés souffle sur les familles françaises avec l’entrée en vigueur du nouveau congé de naissance, offrant à chaque parent jusqu’à deux mois supplémentaires pour accueillir un enfant. Porté par une réforme ambitieuse de la Sécurité sociale, ce dispositif ouvre la voie à une parentalité plus apaisée et à un changement profond dans l’organisation familiale. Dans le même élan, des parents choisissent, comme Hélène Durand et ses quatre enfants, d’explorer de nouveaux horizons et d’accorder du sens à leur quotidien. Elle embarque sa famille à bord d’une voiture électrique depuis la Haute-Savoie pour parcourir plus de deux mille kilomètres jusqu’à la Tunisie, puis le Nigeria, mêlant lectures sous la pleine lune, découvertes culturelles et rituels de gratitude.
L’année 2026 marque aussi le cinquantième anniversaire de Petit Ours Brun, figure emblématique qui accompagne depuis des générations l’apprentissage de la vie et de l’affectivité chez les plus jeunes. Tandis que le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil s’internationalise, accueillant pour la première fois sur ses stands des éditeurs venus de Tunisie, du Nigeria et d’autres pays africains, la littérature jeunesse apparaît comme un trait d’union universel entre les cultures. Si les éditions françaises vendent chaque année 800 000 exemplaires de Petit Ours Brun, la littérature pour jeunes représente désormais plus de 13 % des ventes de livres dans l’Hexagone. Les rencontres du Salon résonnent avec les aspirations de parents en quête d’ouvertures, pour qui la lecture devient une manière de parler du monde à leurs enfants plutôt qu’un simple loisir.
Le contexte de cette transformation est double : d’un côté, la nouvelle législation facilite pour les familles l’accès à un temps parental mieux rémunéré et élargi à toutes les catégories sociales — salariés, fonctionnaires, indépendants, agriculteurs. Un couple pourra désormais cumuler jusqu’à quatre mois auprès de leur nouveau-né, et les allocations familiales majorées sont étendues jusqu’aux 18 ans du deuxième enfant au lieu de 14. Pour la ministre Stéphanie Rist, il s’agit de permettre un accueil « plus serein et plus égalitaire » de chaque enfant. De l’autre, cette dynamique s’accompagne d’une évolution culturelle, où le choix des lectures, la mobilité plus écologique (avec la montée du véhicule électrique familial), et l’ouverture à la diversité s’imposent comme des réponses aux défis éthiques contemporains : adoption internationale à repenser, vigilance sur les droits de l’enfant, rejet du greenwashing, ou encore inclusion des enfants porteurs de handicap dans les pratiques de lecture partagée.
La société redécouvre la valeur de la présence parentale : en 2026, une étude montre que 78 % des familles équipent leurs enfants d’au moins un livre jeunesse lors d’un voyage, et près d’un parent sur deux lit à voix haute même hors domicile, que ce soit lors d’un périple nocturne ou sous la lumière d’une pleine lune – comme celle du 13 janvier, propice aux rituels familiaux. Les salons littéraires, à l’image de Montreuil, multiplient ateliers de découverte, lectures multilingues, accès pour enfants en situation de handicap, et initiations à la langue des signes.
La littérature jeunesse, loin d’être un simple miroir de la société, s’affirme aussi comme un laboratoire d’imaginaires partagés. Les ouvrages venus du Maghreb, d’Afrique de l’Ouest ou d’Asie se banalisent dans nos librairies, offrant aux enfants un univers riche en diversité et en empathie, porté par la volonté de forger de nouveaux récits familiaux, plus éthiques et ouverts. Dans un contexte marqué par la reconnaissance, en France, de manquements collectifs dans l’adoption internationale (notamment avec l’Éthiopie), les supports livresques deviennent aussi des alliés précieux pour accompagner la parole, la réparation et la vigilance nécessaire envers le respect du droit des enfants.
Cette mutation s’inscrit dans une histoire évolutive : depuis la Convention internationale des droits de l’enfant en 1989, chaque avancée – qu’il s’agisse de la protection contre le travail précoce, de l’accès à l’éducation ou des droits parentaux – renforce la place de l’enfant dans la société. La France, en suivant la voie tracée par les pays scandinaves, s’aligne désormais sur des modèles où l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale s’ancre dans la durée.
Voyager autrement, en famille, prend ici tout son sens : planifier un trajet Annecy-Tunis en voiture électrique, par exemple, suppose de prévoir dix à douze recharges, et d’accepter une logistique différente selon les infrastructures — majorité des bornes en Europe, rareté en Afrique du Nord ou subsaharienne. Mais c’est aussi l’occasion de faire de la route une aventure, d’inventer de nouveaux rituels, de lire ensemble sous les étoiles ou entre deux frontières, et d’intégrer pleinement l’altérité à l’expérience du voyage.
L’essor des cafés-lecture pour enfants à Tunis ou à Lagos, la multiplication des ateliers antigaspi ou des ressources numériques (guides de lecture, itinéraires éco-responsables) témoignent d’un mouvement de fond : la famille du XXIe siècle explore d’autres modèles pour grandir ensemble, dans la créativité, le respect de l’environnement, l’attention à autrui et l’inclusion. Ce bouleversement, loin d’être réservé à une élite, touche aussi bien les familles modestes que les plus mobiles, qui accèdent désormais à des droits parentaux mieux adaptés, une littérature multilingue et des espaces de partage ouverts à tous.
Qu’il s’agisse de célébrer la pleine lune en janvier, de feuilleter Petit Ours Brun dans un train de nuit pour Tunis, de se poser dans un café-livre de Lagos ou de participer à une méditation familiale à distance, 2026 s’invente comme une année charnière pour repenser la parentalité et l’enfance. Les chemins ouverts par ces familles pionnières dessinent des trajectoires inédites : écoresponsables, solidaires, guidées par le désir de « grandir autrement ». Chacun est invité à s’en inspirer, à leur suite, au fil des livres, des voyages et des rencontres.
